Chaleur au travail

Mai-juin 2026, changement climatique et canicule

Les années se suivent et se ressemblent : les épisodes climatiques extrêmes ont lieu dans des bâtiments où l’exposition aux températures extrêmes n’a pas été prévue lors de la conception et la construction, et ou rien n’a été& fait depuis. En effet, « qui aurait pu prévoir », a dit le président… l’inconséquence commence à avoir des conséquences sur les conditions de travail de toutes et tous.

Les recommandations du ministère de l’Éducation nationale suggèrent une plage de confort entre 18°C et 20°C pour les salles de classe, mais il n’existe pas de seuil réglementaire strict pour interrompre les cours. L’INRS considère qu’une température dépassant 30°C présente des risques pour la santé dans le cas d’un travail sédentaire (moins sinon).

En l’absence de texte dans la Fonction publique, le droit minimal est celui du Code du travail.

Le Code du travail ne fixe pas de température maximale ou minimale précise pour les bureaux, mais impose aux employeurs de veiller à des conditions de travail adaptées pour la sécurité et la santé des salariés.

Lundi 22 juin, malgré l’alerte rouge dans 49 départements du pays, le ministre Geffray (mal nommé) a annoncé la fermeture de seulement 845 écoles et collèges fermé, et des horaires aménagés pour seulement 1 800 établissements.

À l’idée de fermer des établissements pour raison de sécurité, le ministre oppose la continuité du service public. Le risque de pressions sur les personnels est accrû pour des réunions diverses aux enseignant·e·s ou aux AESH, la nécessité de corriger les épreuves d’examen au plus vite, et la demande aux AED de rester pour accueillir les élèves présent·e·s.

Le ministre demande à chaque établissement de se débrouiller, en revoyant systématiquement à l’échelon local les prises de décisions à propos des conditions de travail engendrées par cet épisode caniculaire. Les gouvernements successifs ont négligé le changement climatique, et c’est en conséquence la confusion dans l’action qui règne – la communication avant la sécurité des personnels et des élèves.

La température au travail dans l’Éducation nationale

Les ambiances thermiques dans les locaux, fiche de l’observatoire de la sécurité et de l’accessibilité des établissements d’enseignement (juillet 2019)

Le droit du travail

Décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur

Modalités concernant les obligations de prévention pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs contre les risques liés aux épisodes de chaleur intense lorsque les seuils de vigilance météorologique du dispositif développé par Météo-France pour signaler le niveau de danger de la chaleur est activé

Obligations de l’employeur, du/de la chef·fe de service, mesures de prévention

Fiche récapitulative sur le décret du 17 mai 2025

Code du travail numérique sur le sujet

Santé et sécurité au travail : la chaleur (INRS)

Les personnels les plus vulnérables doivent bénéficier de mesures particulières. Les femmes enceintes et personnels présentant des situations de santé particulières doivent prendre contact auprès de leur médecin traitant. Elles et ils peuvent signaler e leur situation aux services de médecine de prévention pour bénéficier de mesures de protection particulières.

Un outil pour les conditions de travail : le RSST

Contacte-nous si tu as besoin d’aide ou pour nous transmettre une copie de ta fiche RSST.

Le point de vue de nos camarades LDC de l’Académie de Grenoble

En attendant et tant que la fonction existe, ce qui nous sert de ministre de l’Éducation nationale mouille la chemise de plateaux-télé bienveillants en plateaux-télé bienveillants. Il ne s’économise pas le bougre : et que j’te présente un « plan ministériel de gestion des vagues de chaleur » ; et que j’t’explique qu’il faut « ne pas oublier de boire » et « faire bien attention ».

Un vrai ventilateur à idées innovantes auxquelles, bougre de nous, nous n’avions pas pensé ! Edouard-le-ventilo est vraiment très très rigolo.

Bon, les journalistes « bienveillants » oublient à chaque fois de lui rappeler que quand même, en tant qu’employeur, il est responsable de notre santé et de notre sécurité au travail. Une broutille que nous avons l’outrecuidance de rappeler ici : il a une obligation de protection des personnels, de prévention des risques… et de résultats.

Concernant la température, la loi ne fixe pas de température minimale ou maximale précise, mais l’employeur doit assurer une température convenable (généralement entre 18°C et 22°C dans les bureaux et nous avons vérifié, les bureaux des Recteur·ice·s et DASEN satisfont à cette mesure, c’est heureux). Nous rajoutons que l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) estime « qu’au-delà de 30°C pour une activité sédentaire et de 28°C pour un travail physique, la chaleur peut constituer un risque ». Ainsi, au-delà de 30°, nous pouvons demander à l’employeur quelles mesures sont mises en place pour prévenir les risques liés à la chaleur (Voir décret n°2025-482, ça marche pareil pour le froid sous 18°).

Donc, que faire ?

– Trouver Édouard-le-ventilo et le disposer à l’endroit le plus chaud de la classe. Lui poser une question, n’importe laquelle, et attendre que le moulin à paroles et à vent se mette en route. Sensation fraîcheur garantie !

– À défaut de trouver Édouard, utiliser le registre de santé et de sécurité au travail (RSST) nous semble une bonne idée et à l’échelle de tout un établissement c’est encore mieux ! Il permet de noter tout risque psychique ou physique, toute altération des conditions de travail, tout manque de respect à la législation et aux droits des travailleuses et des travailleurs. Les chefs de service ont obligation de répondre (délai « raisonnable » de 15 jours est fixé par le rectorat). Ce document a une valeur juridique et doit être présent dans tous les établissements. Il se trouve au format papier (dans un lieu accessible à toute heure, hors présence hiérarchique) ou sous forme dématérialisée. Tous les personnels peuvent l’utiliser et les usagers (parents, élèves, intervenants extérieurs) peuvent aussi déposer dans un RSST distinct de celui des personnels. N’hésitez pas à nous contacter si nécessaire et/ou à nous mettre en copie de votre envoi de fiche.

> A noter dans l’Académie de Lille, le RSST est dématérialisé via Eduline.

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