Lutte féministe : on continue

Mobilisons-nous toutes et tous, notamment à l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, le 8 mars, avant, et après…

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Force est de constater que le féminisme a encore de beaux jours de lutte devant lui. Violences sexistes, sexuelles, économiques continuent à meurtrir, en France et ailleurs. Les stéréotypes de genre continuent à conforter l’oppression patriarcale, et dans le contexte de la montée de l’extrême droite, le combat féministe est instrumentalisé par les fémonationalistes. Syndicat féministe et anti-fasciste, LDC éducation Hauts-de-France invite à poursuivre la lutte, sur nos lieux de travail et dans la société.

Des rémunérations toujours inférieures

Dans la Fonction publique, la rémunération des femmes est en moyenne inférieure de 10,5 % à celle des hommes, et elles sont sous-représentées parmi les plus hautes rémunérations. Il n’y a qu’à voir comment les enseignantes sont bien plus souvent écartées de la promotion à la classe exceptionnelle que leurs homologues masculins, sans aucune justification. Et cet effet de ségrégation joue à plein quelle que soit la catégorie (de 52 % pour les catégories A hors enseignant·e·s à 74 % pour les catégories C). Ainsi la part des femmes dans les 1 % les mieux rémunéré·e·s est de 39 %, mais dans les 10 % les moins rémunéré·e·s on compte 70 % de femmes1.

De même les pensions de retraite des femmes restent inférieures à celles des hommes.

Une faible mixité des parcours scolaires et universitaires

La Cour des comptes relève dans son rapport de 2025 que cette faible mixité est source de profondes inégalités2. Les stéréotypes de genre continuent à détourner les filles des sciences et techniques, tandis que les garçons choisissent peu les enseignements littéraires ou le santé-social. Ces différences s’accroissent dans l’enseignement supérieur. En outre, à niveau et spécialité de formation identiques, les femmes sont moins employées que les hommes trois ans après la fin de leur formation. L’absence de mixité s’accompagne par ailleurs d’une moindre reconnaissance salariale des métiers « féminins ».

Le poids de la parentalité

Les écarts de salaire s’expliquent également par la plus grande fréquence des temps partiels (26,5 % de femmes, 8,7 % d’hommes), que les femmes prennent majoritairement pour s’occuper des enfants. Là encore les stéréotypes de genre ont la vie dure ! Les femmes continuent à assumer un double travail – professionnel et domestique.

Des politiques publiques insuffisantes

Selon la Cour des comptes, si les crédits alloués en faveur de l’égalité ont augmenté, il s’agit d’une « augmentation en trompe-l’œil, qui résulte d’une volonté d’affichage ». En témoigne la baisse un peu partout des subventions au Planning Familial et aux associations féministes. Le pilotage interministériel quant à lui, est qualifié de « défaillant ». À quand la véritable « grande cause », promise par M. Macron ?

Violences

En 2023, 271 000 victimes de violences conjugales ont été enregistrées par les services de sécurité, dont 85 % de femmes. Un tiers des violences sexuelles élucidées sont intrafamiliale ; le Nord, le Pas-de-calais et la Somme font partie des 7 départements métropolitains présentant le taux le plus élevé.
Les femmes en situation de handicap sont plus souvent exposées aux violences sexuelles. Les outrages sexistes se multiplient dans toutes les sphères de la société. Le cybersexisme touche deux fois plus les femmes, en particulier les jeunes. Les victimes d’exploitations sexuelles enregistrées sont très majoritairement des femmes, en particulier des femmes originaires d’Afrique. Mariages forcés, excisions, violences physiques et psychologiques, déscolarisation sont encore légion.

EVARS

Le programme EVARS, adopté en janvier 2025 par le Conseil supérieur de l’Éducation, pour éduquer les élèves à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité à partir du collège, peine à être appliqué. Depuis 2001 tous les élèves étaient réputé·e·s bénéficier de trois séances annuelles d’information. On a pu constater que ces séances avaient rarement lieu, faute de personnels formés ou de moyens. L’école est pourtant un lieu vital pour sensibiliser les élèves aux questions du consentement, de l’identité de genre, de la prévention des violences, des discriminations. EVARS est d’autant plus important qu’il est contesté par les réactionnaires et l’extrême droite. Sera-t-il appliqué partout ? Nous, personnels de l’éducation, devons être particulièrement vigilant·e·s sur l’application du programme.

Et il n’est en aucun cas admissible que les écoles confessionnelles sous contrat se soustraient à l’obligation légale d’appliquer ce programme.

International

Partout dans le monde, le patriarcat s’acharne contre les femmes.

En Iran elles sont les cibles principales de la coercition quotidienne, mais résistent depuis des décennies, amplifiant la lutte avec le mouvement Femmes Vie Liberté.

En Afghanistan les femmes subissent emprisonnements, tortures et viols, n’ont droit ni à l’autonomie, ni à l’éducation. Lors du séisme d’août 2025, 2200 femmes sont mortes, laissées sous les décombres par les « secouristes ».

Au Soudan les femmes sont les premières victimes de la guerre civile, avec le viol systématique comme arme ; un conflit pour le contrôle des richesses, dont les belligérants sont armés par de nombreux pays, dont la France.

Au Mexique la lutte contre les violences de genre, qui tuent 8 à 10 femmes par jour, continue.

En Argentine, le ministère des Femmes, du Genre et de la Diversité et le sous-secrétariat à la protection contre la violence sexiste ont été fermés par l’administration Milei.

Enfin, en Europe, le droit à l’avortement est de plus en plus menacé ou restreint par des politiques répressives et des mouvements réactionnaires de plus en plus influents.
Un rapport de l’ONU Femmes révèle en mars 2025 que près d’un quart des gouvernements dans le monde organisent un recul des droits des femmes. Les gouvernements de droite réactionnaire et d’extrême droite, de plus en plus nombreux, agissent contre l’égalité.

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PLUS QUE JAMAIS IL FAUT RÉSISTER !

LDC éducation Hauts-de-France appelle à participer

à toutes les actions menées dans les Hauts-de-France

à l’occasion du 8 mars 2026,

le 7 mars à Amiens, Arras, Lens, … ; le 8 mars à Creil, Lille, …

Agenda de mobilisation


  1. https://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/sites/efh/files/2025-05/Chiffres-cles-egalite-entre-femmes-hommes-2024-accessible.pdf ↩︎
  2. https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2025-01/20250121-synthese-Les-in–galit–s-entre-les-femmes-et-les-hommes-de-lecole-au-marche-du-travail.pdf ↩︎
LA CONDITION DES FEMMES À L’INTERNATIONAL

Partout dans le monde, le patriarcat s’acharne contre les femmes.

En Iran, malgré une forte sécularisation, les femmes sont les cibles principales de la coercition quotidienne. Avec le mouvement Femmes Vie Liberté, elles ont amplifié la lutte qu’elles mènent depuis des décennies.

En Afghanistan, une centaine de décrets introduits par les talibans a systématiquement visé les droits et l’autonomie des femmes, interdisant l’accès à l’éducation après 6 ans, à la plupart des professions et aux espaces publics. Les femmes sont emprisonnées, subissent des tortures et des viols. Lors du séisme d’août 2025, les plus de 2 200 morts étaient… des mortes, laissées sous les décombres par les équipes de « secouristes ».

Au Soudan, si les femmes luttent depuis des décennies pour leurs droits, elles subissent encore un Code pénal inapte à les protéger des violences sexistes et sexuelles, des inégalités à l’accès à l’éducation et à une vie professionnelle, et de fréquentes mutilations génitales. Les femmes y sont aussi les premières victimes de la guerre civile entre l’armée soudanaise et les Forces de Soutien Rapide, avec le viol comme arme systématiquea – un conflit sous-tendu de néo-colonialisme pour le contrôle des richesses, où de nombreux pays dont la France arment les belligérants ! Les femmes et les filles premières victimes de la guerre, sont aussi les premières militantes de la paixb.

Au Mexique la lutte contre les violences de genre se poursuit, avec de nombreuses manifestations de femmes, comme à Mexico en novembre dernierc.

En Argentine, l’administration Milei a généralisé les attaques contre l’égalité femmes/hommes, les droits des travailleurs et des travailleuses et les institutions démocratiques. Le ministère des Femmes, du Genre et de la Diversité et le sous-secrétariat à la protection contre la violence sexiste ont été fermés.

En France, les violences sexuelles et sexistes sont reparties à la hausse en 2025d.

Enfin, en Europe, le droit à l’avortement est de plus en plus menacé, ou restreint par des politiques régressives, des obstacles structurels persistants et des mouvements autoproclamés « pro-vie » de plus en plus organisés et influentse. À ce jour, au moins 20 pays en Europe continuent de criminaliser les interruptions volontaires de grossesse (IVG) hors des cas prévus par la loi. Douze imposent encore un délai d’attente obligatoire avant l’intervention, sans justification médicale. Treize exigent une consultation préalable. En Hongrie, il est même obligatoire d’écouter les battements de cœur du fœtus, et en Turquie, les femmes mariées doivent obtenir l’accord de leur conjoint. Chaque année, des milliers de femmes doivent quitter leur pays pour accéder à une IVG dans de meilleures conditions. Les actes d’intimidation visant les centres pratiquant l’avortement ou les professionnels de santé se multiplient, dans un contexte de montées des extrêmes-droites : harcèlement en Pologne, manifestations hostiles en Autriche, dégradations en France et en Allemagne.

Un rapport d’ONU Femmes publié en mars 2025 a révélé que près d’un quart des gouvernements dans le monde organisent un recul des droits des femmes. Les gouvernements de droite réactionnaire et d’extrême-droite, de plus en plus nombreux, agissent contre l’égalité entre les femmes et les hommes.

Cette courte présentation est malheureusement loin d’être exhaustive.

a En 2025, l’ONU a compté plus de 500 victimes de violences sexuelles – viols, viols collectifs, tortures et esclavage, parfois avec des conséquences mortelles. Lire https://news.un.org/fr/story/2026/02/1158470

b Lire https://www.onufemmes.fr/nos-actualites/2025/11/10/femmes-soudan.

c Les violences de genre tuent en moyenne 8 à 10 femmes par jour au Mexique. La présidente mexicaine a été elle-même victime d’une agression sexuelle en pleine rue le 5 novembre 2025.

d Les nombres recensés de violences physiques et sexuelles contre les femmes ont respectivement augmenté de 5 % et de 8 % en 2025, selon une étude du ministère de l’intérieur publiée vendredi 27 février. 58 % des victimes de violences sexuelles recensées sont mineures. Les hommes représentent 80 % des mis en causes pour violences physiques, et 95 % pour les violences sexuelles.

e Dans son rapport du 6 novembre 2025, Amnesty International souligne que malgré les progrès enregistrés, l’accès universel à l’avortement reste entravé dans la majorité des pays européens : retards médicaux, clauses de conscience intégristes, manque de professionnels formés, coûts prohibitifs, délais obligatoires ou consultations imposées : autant de freins qui pèsent sur les femmes, et plus encore sur les mineures, personnes précaires, migrantes, en situation de handicap, ou LGBTIQ+.