Agissons, ne laissons par faire !

Attaques contre la population palestinienne
Le 26 mai, l’extrême-droite israélienne, dont le ministre Itamar Ben Gvir, a exhibé son nationalisme à l’occasion de la Marche de Jérusalem qui a lieu chaque année pour célébrer l’annexion en 1967 de la partie orientale de la ville. Des Israéliens y ont scandé « Mort aux Arabes » et chanté « Que votre village brûle », en circulant dans les quartiers musulmans de la Vieille Ville. Une marche des fiertés racistes, avec appels au meurtre. Le même jour, deux frappes aériennes ont fait plus de 50 mort·e·s dont au moins 33 dans une école1. Israël intensifie son offensive dans une Palestine dévastée en proie à une catastrophe humanitaire.
L’armée israélienne justifie l’attaque de la population civile, et la destruction systématique de maisons, de champs, de vergers, d’installations d’approvisionnement en eau, d’hôpitaux ou d’écoles, en communiquant sur l’existence de tunnels ou de caches d’armes à proximité de ces lieux accueillant blessé·e·s, malades ou enfants. Or aucune preuve n’a été fournie par l’État d’Israël, comme l’a rappelé l’historien Jean-Pierre Filiu2. L’armée impose également aux Palestinien·ne·s des déplacements forcés3.
La famine, une arme de guerre ?
A partir de janvier, l’État d’Israël avait sommé l’Agence de l’ONU pour les réfugié·e·s palestinien·ne·s, l’UNRWA, de quitter Jérusalem-Est, et de cesser ses activités à Gaza, où elle soignait et nourrissait 40 % de la population alors que trois quarts des champs ou des oliveraies sont détruits, et 96 % du bétail décimé. Cet État a donc, avec méthode, affamé et privé de soins toute une population, et volontairement empêché toute action humanitaire digne de ce nom en direction de la population de Gaza4.
Pour se dédouaner des critiques internationales, Israël a annoncé un plan d’aide humanitaire pour remplacer l’ONU et les ONG internationales, par le biais de la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), qui a d’emblée sous-dimensionné l’aide et n’a jamais mis en place une organisation digne de ce nom. En ce moment, ce plan tourne clairement au fiasco5. Les yeux de celles et ceux qui défendent cet État colonial violent vont peut-être s’ouvrir : cette opération n’est rien d’autre que de la propagande israélo-états-unienne pour redorer l’image d’Israël, ce n’est pas du tout de l’humanitaire.
Pas de lait, pas de viande, pas d’œufs, pas de fromage, pas de fruits, pas de légumes, très peu d’eau potable. « Pâleur, infections et maladies fréquentes, gerçures des gencives et de la bouche, perte et parfois décoloration des cheveux, dents cassées, troubles intestinaux tels que diarrhée ou constipation, retard de croissance, perte de poids »6, de nombreux traumatismes physiques et psychologiques, voilà ce qu’impose l’État israélien aux enfants palestiniens, dont 16 000 ont été tué·e·s, et plus de 35 000 blessé·e·s, depuis le début de la guerre. Un·e enfant est tué·e toutes les quarante minutes.
Une famine extrême que le gouvernement israélien nie dans les médias internationaux. Tous les éléments convergent pourtant : ONG et journalistes sont interdits de présence, des politiques parlent de détruire l’enclave7, d’en installer les survivant·e·s en Lybie8. L’armée israélienne utilise délibérément la famine et le chaos pour contraindre les Gazaoui·e·s à fuir. Le vol de terres en Cisjordanie, les colonies illégales, le harcèlement des Palestinien·ne·s par des colons israéliens protégés par l’armée ne suffisent plus, l’État colonial veut maintenant conquérir Gaza en réduisant et déportant sa population9.
La solidarité sanctionnée par l’Éducation nationale
Une enseignante de SENS est suspendue à titre conservatoire pour « un manquement à l’obligation du respect de neutralité », elle a autorisé une minute de silence en hommage aux victimes palestiniennes. De quelle neutralité parle-t-on ? Ouvrons les yeux !
L’État d’Israël a organisé l’apartheid sur son territoire et la Palestine. Il a amorcé un plan de conquête et de déplacement de population avec toutes les caractéristiques de l’épuration ethnique et du crime contre l’Humanité. L’atermoiement doit cesser, comme les circonlocutions des personnalités politiques : faisons pression, il faut agir avant d’avoir à regretter un autre génocide !
Les ministres du gouvernement israélien sont très clairs : Israël va « enfin conquérir la bande de Gaza ». Ils menacent de « détruire complètement » Gaza et affirment que sa population palestinienne « partira en masse vers des pays tiers ».
L’armée israélienne bombarde et affame la population palestinienne ; elle cible le personnel de l’ONU, des journalistes, des écrivain·e·s ; elle détruit méthodiquement maisons, champs, vergers, installations d’approvisionnement en eau, hôpitaux, écoles.
Elle impose des déplacements forcés aux palestinien·ne·s, entrave l’aide humanitaire et utilise la famine comme arme de guerre ; elle détruit délibérément la capacité de Gaza à assurer la survie de sa population.
Rappels à l’attention des rectrices, recteurs, ministres
Le 19 juillet 2024, la Cour internationale de Justice a déclaré l’occupation du Territoire palestinien illégale. Le 18 septembre 2024, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté une 230e résolution, exigeant d’Israël la fin de sa présence dans le Territoire palestinien. Le 26 janvier 2024, la Cour internationale de Justice a ordonné à Israël de s’abstenir de commettre des actes constitutifs du crime de génocide. La Convention sur le génocide de 1948, signée par 153 pays dont les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, stipule qu’un « devoir de prévention » naît dès qu’il existe un risque sérieux que des actes de génocide soient commis. Le statut de la Cour pénale internationale stipule que « la déportation ou le transfert forcé de population » est un crime contre l’humanité.
Ne laissons pas taire, ne laissons pas faire
En novembre 2024, la Cour pénale internationale a émis un mandat d’arrêt contre Nétanyahou, Gallant (et Deïf) pour suspicion de crime contre l’Humanité. Enfin, un seul des cinq actes suivants suffit pour qualifier un génocide, s’il a été commis dans l’intention de détruire, totalement ou partiellement, un groupe national, ethnique, racial ou religieux :
- le meurtre de membres du groupe ;
- l’atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
- la soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
- des mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
- le transfert forcé d’enfants d’un groupe à un autre groupe.
Ne restons pas les bras croisés face au risque de génocide !
Décidons collectivement d’actions à mener.
Non à la dissolution du Collectif Urgence Palestine,
Non aux sanctions contre la collègue de Sens !
Tract LDC HdF à afficher et diffuser
Sanctions, dissolutions, mobilisation !
- Soutien à la collègue de Sens
- Non à la dissolution de la Jeune Garde et de Urgence Palestine
- Agenda de mobilisation de l’AFPS 59/62
- Urgence Palestine // Communiqué de presse Amnesty International // Pétition
- Agence Média Palestine
- Campagne BDS
- France 24 et liberation.fr, le 26 mai 2025. ↩︎
- Le 26 mai 2025 sur France Inter. Sur les destructions systématiques, voir aussi le site de Human Rights Watch (15 mai 2025). ↩︎
- Témoignages des déplacements forcés de Palestiniens par Israël, Amnesty International (15 mai 2025) ↩︎
- ONU Info, 28 janvier 2025. ↩︎
- Le 27 mai 2025, sur mediapart.fr. ↩︎
- Le 26 mai 2025, sur mediapart.fr. ↩︎
- France Info, 6 mai 2025 ↩︎
- Humanité.fr, 18 mai 2025 ↩︎
- Courrier international, 5 mai 2025. ↩︎