Face à l’IA générative, l’objection de conscience

Des membres de l’Enseignement supérieur et de la recherche et de l’Èducation nationale ont déclaré adopter une posture d’objection de conscience face au déploiement des technologies d’ »intelligence artificielle générative » (IAg) dans l’ESR et l’EN.

Il s’agit de refuser de participer au dépassement des limites planétaires, alors que l’IA générative est un gouffre énergétique et matériel incompatible avec la protection du climat et celle du vivant.

Le choix individuel et institutionnel d’utiliser l’IAg entraîne un développement accéléré de structures industrielles qui non seulement génèrent des pollutions massives, mais produisent également de lourds dégâts sociaux : travail prolétarisé, conflits d’usage, extractivisme et néocolonialisme, non-respect des droits humains, déstabilisation géopolitique… On serait coupable d’ignorer ces effets pourtant documentés.

La banalisation de l’IAg « grand public » alimente sans frein le risque d’un futur dystopique, qui s’installe déjà aujourd’hui : multiplication de fausses informations et canulars vidéos difficiles à identifier comme tels, dépendance imprudente et affective à des compagnies transnationales, intensification des escroqueries et de la manipulation des population, renforcement de firmes aux projets mégalomaniaques et antidémocratiques.

Le manifeste a été rédigé lors d’ateliers d’écologie politique. Les signataires appellent à les rejoindre dans cette objection de conscience, et proposent des modalités d’action.

> Manifeste pour l’enseignement supérieur et l’éducation nationale (Atecopol, novembre 2025)