Le jeudi 16 janvier 2025, à l’appel de l’intersyndicale nationale, a été une journée de mobilisation et de grève contre la précarité dans l’Éducation nationale.
Pour une éducation égalitaire et émancipatrice, les élèves et l’Éducation nationale ont un besoin crucial de différents personnels, au-delà des enseignant·e·s : assistant·es de service social, infirmier·e·s, et bien évidemment, des assistant·e·s d’éducation (AED) et des accompagnant·e·s d’élèves en situation de handicap (AESH) en nombre suffisant par rapport aux besoins ! Toutes et tous indispensables au bon fonctionnement des établissements et à la scolarité des élèves.
Malgré des missions très différentes, AED et AESH ont trois points communs :
- la précarité de leurs statuts professionnels et de leurs conditions de travail ;
- les plus bas salaires de l’Éducation nationale ;
- des pressions hiérarchiques constantes.
Les AED subissent les desiderata de chef·fe·s qui n’hésitent pas à faire une interprétation abusive de leur contrat de travail, et à leur imposer des pressions constantes pour les forcer à limiter l’usage de leurs droits, dont le droit de grève. Les AESH subissent une hiérarchie multiple, entre les chef·fe·s d’établissement et le PIAL (Pôle inclusif d’Accompagnement localisé), et une organisation du travail épuisante : changement d’élèves, changement de lieu de travail, injonctions « productivistes » à accompagner plus d’élèves, alors qu’il y a une pénurie d’emplois d’AESH par rapport aux besoins reconnus des élèves.
Les collègues AED et AESH sont maintenu⋅e·s dans une précarité structurelle par le ministère de l’Éducation nationale : contractualisation, salaires très bas, temps incomplets imposés, pressions hiérarchiques. L’absence de reconnaissance par l’État de ces métiers indispensables de la maternelle au lycée se voit également dans l’état de la formation initiale et continue les concernant.
L’administration et sa hiérarchie ne montrent pas une grande considération pour la richesse des compétences professionnelles et savoir-faire que les AED et AESH mettent en œuvre au quotidien – indispensables au service public d’Éducation. Les récentes propositions de loi pour améliorer la reconnaissance et sortir de la précarité par un statut de fonctionnaire ont toutes été rejetées en bloc par les gouvernements récents et les parlementaires qui les soutiennent. Il y a de leur part la volonté très claire de maintenir l’exploitation des AED et AESH.
Contre cette politique de classe, contre ce mépris, contre le non-respect des droits et les pressions au travail parfois jusqu’à l’infantilisation, mobilisons-nous sur la durée ! Lutter contre la précarité et cette exploitation, c’est l’affaire de toutes et tous, sur nos lieux de travail, personne ne doit être traité comme ça !
Revendiquons une rémunération digne, des statuts plus respectueux des personnes, et des moyens en postes à la hauteur des besoins réels. Exigeons le respect et la fin de l’arbitraire, au quotidien comme lors des renouvellements de contrats pour les AED.
Ce jeudi 16 janvier, des AED et AESH étaient en grève dans toute l’académie, et également des collègues enseignant·e·s titulaires qui ne peuvent accepter de voir des collègues si mal traité·e·s par l’administration de l’Éducation nationale. NORD LDC éducation s’est impliqué dans cette journée de grève. La mobilisation et la solidarité sur le lieu de travail doivent s’ancrer dans la durée, jusqu’à la reconnaissance effective du caractère indispensable de tous nos métiers !