Appel à manifestation nationale le 20 juin 2025.
Le 20 juin 2025, jour de fin des épreuves écrites du baccalauréat et journée mondiale des réfugiés, la Coordination Nationale des mineur·e·s isolé·e·s en lutte appelle à se mobiliser pour exiger une scolarisation digne pour toute et tous les jeunes.
LA MOBILISATION A LILLE LE 20 JUIN
14h à 16h devant le rectorat de Lille
Un cours sera donné par l’Ecole sans Frontière devant le rectorat de Lille, 144 rue de Bavay. Venez participer à cette mobilisation inédite, et en apprendre plus sur les droits des enfants et le Code de l’Education en particulier.
16h30 à 17h30 devant la mairie de Lille
A l’occasion du conseil municipal, le collectif des jeunes en recours des bois blancs alerte les élu·e·s sur la situation des jeunes (nouveau camp parc Barbusse) et sur la nécessité de mettre en place des solutions d’hébergement dignes.
Le conseil municipal s’est engagé le 11/10/24 à créer une instance de dialogue partenarial avec la préfecture et le département pour trouver des places d’hébergement : quelles avancées ont eu lieu depuis?
Avec la fin des épreuves du bac, l’école républicaine est célébrée, pendant que des milliers d’entre nous, mineur·es non accompagné·es (MNA) en recours, sommes privés de scolarisation alors même que notre principal objectif est de poursuivre nos études, de nous former pour ensuite, travailler.
Grâce à la mobilisation de nos collectifs, des victoires ont été arrachées : dans plusieurs villes, des centaines d’entre nous ont pu être inscrit·es au lycée, des pièces administratives abusivement exigées ne sont désormais plus demandées, des jeunes ont été reçu en délégation au rectorat pour exprimer leurs revendications. Ces avancées prouvent que rien n’est figé et que la détermination collective peut faire reculer l’injustice.
Choisir le 20 juin, c’est dénoncer une école à deux vitesses, qui nous exclut, et montrer que notre combat continue.
DES DROITS BAFOUÉS
Alors que le Code de l’éducation garantit l’instruction pour toutes et tous, quel que soit le statut administratif ou le niveau scolaire, et que le Code de l’action sociale et des familles protège les mineur·es isolé·es, ces droits sont bafoués dans de nombreuses académies :
- L’accès à l’inscription est entravé : procédure dématérialisée sans traduction, demandes de documents impossibles à fournir pour des MNA, …
- Le délai d’affectation est long, parfois de plusieurs mois voire plus d’un an, ce qui nous fait prendre beaucoup de retard
- Nous n’avons souvent aucune solution d’hébergement stable. Exposés à la rue, hébergés chez des tiers, dans des squats ou en centre d’urgence inadapté, nous vivons dans des conditions indignes. Notre exclusion sociale complique nos conditions de scolarisation.
- Quand nous sommes enfin scolarisé·es, c’est souvent dans des conditions indignes : difficultés à obtenir des fournitures de base, à avoir accès à la cantine et au titre de transport, orientation subie vers des filières inadaptées… Une école à deux vitesses qui discrimine dès l’entrée.
- Refus de nous affecter dans des classes Manque de places en UPE2A (unités pédagogiques pour élèves allophones arrivants) et NSA (non scolarisé·es antérieurement), qui sont pourtant essentiels pour que nous puissions apprendre dans de bonnes conditions et suivre une scolarité adaptée.
Quand nous sommes reconnu•es mineur•es, certain·es d’entre nous sont déscolarisé·es du jour au lendemain par l’Aide sociale à l’enfance, comme à Beauvais ou Melun, sous prétexte de placement en foyer, sans qu’aucune réinscription ne soit assurée rapidement. Ces ruptures brutales aggravent l’exclusion scolaire et brisent des parcours déjà marqués par l’instabilité.
Pourtant, là où nous sommes scolarisé·es, les équipes éducatives sont souvent les premier·es à reconnaître notre envie d’apprendre, notre sérieux, notre volonté de nous insérer. Nous voulons étudier, et nous en avons les capacités. Ce que nous demandons, c’est simplement d’avoir la même chance que les autres.
LE COMBAT CONTINUE : NOS EXIGENCES
Nos échanges montrent que les situations varient selon les académies. Nous savons même que dans certaines, des jeunes sont scolarisés rapidement et dans de bonnes conditions, preuve que le droit peut être respecté. Nos mobilisations nous ont également permis d’arracher des victoires. Nous savons que la situation peut changer et que nous devons continuer à demander le respect de nos droits.
NOUS DEMANDONS
📌 L’accès immédiat à la scolarisation pour tous les MNA, y compris en recours
📌 La prise en charge des transports, de la cantine, des fournitures pour tous les jeunes scolarisés
📌 L’ouverture de classes UPE2A et NSA
📌 La scolarisation dans des classes et filières adaptées au niveau scolaire des jeunes : pas de scolarisation au rabais !
📌La poursuite de la scolarisation une fois placé, l’ASE ne doit pas descolariser les jeunes !
📌 Un hébergement stable, digne et sécurisé pour chaque jeune isolé
📌 La fin des disparités territoriales et l’application effective des droits sur tout le territoire
REJOIGNEZ NOTRE COMBAT !
Le 20 juin, des rassemblements auront lieu dans toutes les villes de la Coordination nationale et au-delà. Nous appelons tous les MNA, en recours ou placés, scolarisés ou non, à rejoindre le combat et à être massivement présents dans les rassemblements pour montrer que nous sommes nombreux et déterminés !
A nos côtés, les syndicats de l’éducation qui contribuent à notre lutte depuis plusieurs mois appellent aussi les professionnels de l’éducation à se mobiliser !
Nous appelons toutes celles et ceux qui luttent pour la protection de l’enfance, l’éducation et contre le racisme à venir nous soutenir !
📣 L’école est un droit, pas un privilège.
🏫 La place des MNA est à l’école, pas à la rue.
⏳ Chaque jour de retard est un jour de perdu.
🔎 EN FOCUS – LA SITUATION À LILLE
À Lille, le rectorat conditionne l’affectation des jeunes MNA au lycée à la présentation d’un Ordre de placement provisoire (OPP) délivré par le Département.
Or, les jeunes en recours n’en disposent pas, précisément parce que leur minorité est contestée par les services de l’Aide sociale à l’enfance (ASE).
➡️ Cette exigence administrative, sans base légale dans le Code de l’éducation, aboutit à un blocage systématique de la scolarisation des jeunes en recours dans l’académie de Lille, en violation du droit à l’éducation.
Nous demandons la levée immédiate de cette condition illégale, et l’inscription sans délai des jeunes mineur·es en attente de décision judiciaire.
Coordination nationale des mineurs isolé·es en lutte
Créée en septembre 2024, cette coordination rassemble des collectifs de jeunes en recours mobilisés à Paris, Toulouse, Marseille, Lille, Rennes, Besançon, Rouen, Tours et d’autres villes.
Elle vise à partager les expériences, mutualiser les forces et porter ensemble des revendications nationales sur la scolarisation, l’hébergement et les droits fondamentaux des MNA.
A propos du collectif des Jeunes en recours des Bois Blancs (Lille)
Depuis août 2024, avec le soutien d’associations et des habitant·es du quartier des Bois Blancs à Lille, les jeunes en recours se sont organisés en collectif autogéré pour faire entendre leurs voix et défendre leurs droits.
Entre mars et novembre 2024, leur camp installé dans le quartier a permis de visibiliser leur situation et de créer un fort lien de solidarité locale.
Depuis, ces jeunes mènent au quotidien un combat collectif pour l’accès à un hébergement digne, la réduction des délais de recours en justice et, bien sûr, leur droit à l’éducation.
Compte instagram @mna_des_bois_blancs